Câble pour panneau solaire : tout comprendre pour mieux choisir

installation du panneau solaire

On n’y pense pas assez, mais pourtant, les câbles que vous allez utiliser avec votre installation solaire sont primordiaux.

Entre perte d’électricité, détérioration de votre installation et danger d’électrocution, choisir le mauvais câble peut vraiment avoir un impact bien plus grand qu’on ne le pense.

Heureusement pour vous, nous avons créé un guide qui vous explique de façon simple tous les critères importants pour choisir les bons câbles pour vos panneaux solaires !

Pourquoi le choix du bon câble est crucial pour votre installation solaire

Vos câbles ne sont pas un simple accessoire, ce sont un peu les artères de votre installation.

S'ils sont trop fins ou de mauvaise qualité, votre installation peut perdre en rentabilité, voire pire… complètement bousiller votre installation !

Et parce que vous allez les utiliser pendant les 25 prochaines années, vous allez vite comprendre pourquoi il est essentiel de comprendre les deux concepts suivants :

La résistance du câble peut vous faire perdre beaucoup d’énergie (et d’argent)

Dans un circuit électrique, le câble oppose une résistance naturelle au passage du courant.

Si cette résistance est trop élevée (câble trop fin ou trop long), une partie de l'électricité produite par vos panneaux ne parviendra jamais à vos appareils : elle se dissipe sous forme de chaleur.

⚠️ ATTENTION : cela peut représenter jusqu'à 5 % de production perdue chaque jour. Imaginez, sur 25 ans, vous pourriez perdre plusieurs milliers d’euros à cause d’un câble !

La chute de tension : l’indicateur clé que vous devez regarder

Pour garder un rendement optimal, les experts surveillent un indicateur clé : la chute de tension. C'est la différence entre la tension à la sortie de vos panneaux et celle qui arrive à votre onduleur.

La règle d'or :

Pour une installation performante, cette perte doit être comprise entre 1 % et 3 % maximum. Ne dépassez jamais ce seuil !

Comprendre les 3 types de câbles dont vous aurez besoin pour votre installation solaire.

Il existe 3 types de câbles que vous allez utiliser pour votre installation solaire :

  1. Câble AC
  2. Câble DC
  3. Câble de Mise à terre

Pour chacun de ces câbles, les critères de sélection sont différents.

AC et mise à terre sont plutôt faciles à choisir. 

Pour DC, nous vous expliquerons plus en détail, car c’est là que vous pouvez faire des erreurs graves qui grillent toute votre installation

Le câble de mise à la terre : un essentiel pour la sécurité

C'est votre assurance vie. Il ne transporte pas d'énergie utile, mais protège votre matériel en cas de défaut et vous évite de prendre un coup de jus !

Son rôle : relier les cadres métalliques de vos panneaux et vos rails à la terre pour vous protéger de l'électrocution.

✅ Ce qu'il faut vérifier :

  • La couleur : toujours Jaune et Vert.
  • La section : en France (norme NFC 15-712), on utilise du 16 mm² pour descendre au piquet de terre

❌Ce qu’il ne faut PAS chercher à faire

  • optimiser le rendement
  • calculer une chute de tension

👉 Comment choisir entre deux câbles de terre ?

Privilégiez les câbles H07V-K (multibrins souple). Il est beaucoup plus facile à manipuler sous les rails et résiste mieux aux vibrations du vent que le fil de terre rigide lambda.

💡 L'astuce d’expert :

Ne sautez jamais cette étape ! Une installation sans terre est interdite et extrêmement dangereuse.

Les Câbles AC : de l’onduleur vers le tableau

C'est le câble qui transporte l'énergie “utilisable” (courant alternatif) vers vos prises.

Son rôle : envoyer l'électricité convertie par l'onduleur vers votre tableau électrique.

✅ Ce qu'il faut vérifier :

  • Le type de câble : un câble R02V (le câble noir standard) suffit amplement.
  • La section : elle dépend de la puissance de votre onduleur (exemple : 3kW, 6kW, etc…). Dans la notice de votre onduleur, on vous dira quelle section choisir

❌Ce qu’il ne faut PAS chercher à faire

  • copier aveuglément la section du câble DC
  • négliger la longueur du parcours

👉 Comment choisir entre deux câbles AC ?

Si vous avez un doute entre deux sections (exemple : 2.56 mm² ou 6 mm²), choisissez toujours la plus grosse. un câble AC trop fin fait monter la tension. Si votre onduleur détecte 253V, il s'arrête net. Prendre la section supérieure sécurise votre matériel.

💡 L'astuce d’expert :

Si l'onduleur est à plus de 20 mètres de votre tableau, augmentez la section d'un cran pour éviter que l'onduleur ne se coupe tout seul à cause d'une surtension.

Les Câbles DC : entre panneaux et onduleur

C'est le câble le plus exposé aux éléments (pluie, UV, température), donc le plus important.

Son rôle : transporter l'énergie brute (courant continu) produite par les cellules solaires.

✅ Ce qu'il faut vérifier :

  • La norme : prenez la norme H1Z2Z2-K (c'est la garantie qu'il résiste aux UV et aux températures extrêmes).
  • Le matériau : cuivre étamé uniquement (pour éviter la corrosion due à l'humidité).
  • La section : généralement du 4 mm² ou 6 mm². Plus vos panneaux sont loin de l'onduleur, plus le câble doit être épais.

❌ Ce qu’il faut absolument éviter

  • sous-dimensionner la section par souci d’économie
  • utiliser un câble non prévu pour le solaire

👉 Comment choisir entre deux câbles DC ?

Ouvrez la gaine (ou regardez la photo de la coupe). Les brins doivent être argentés (cuivre étamé). Si vous voyez du cuivre orange classique, le câble n'est pas conçu pour le solaire et s'oxydera avec l'humidité en moins de 2 ans.

💡 L'astuce d’expert :

Achetez-en un rouge (pour le +) et un noir (pour le -) pour éviter les erreurs de branchement fatales.

Parce que le câble DC demande de comprendre des critères plus complexes, nous allons vous expliquer en détail comment choisir la bonne section.

Choisir la bonne section de câble (mm²) pour le câble DC

Le câble DC, c’est plus compliqué car ça demande un calcul savant de la section en fonction de la longueur du câble et de la puissance de votre installation !

4 mm², 6 mm², 10 mm²… vous avez vu ces chiffres partout, mais comment choisir ?

Les 3 informations dont vous avez besoin pour calculer la section de câble nécessaire sont :

  • Puissance de l’installation (exprimé en Watt)
  • Longueur aller-retour (exprimé en mètre)
  • Tension nominale du câble (exprimé en Volt)

Tableau d’aide pour calculer la section d’un câble pour panneau solaire

Voici un tableau basé sur la puissance de votre installation photovoltaïque et la distance de câble nécessaire :

Puissance de l'installation 5 mètres 10 mètres 15 mètres 20 mètres
≤ 1 500 W (Env. 4 panneaux) 4 mm² 4 mm² 4 mm² 4 mm²
1 500 W à 3 000 W (Env. 7 panneaux) 4 mm² 4 mm² 6 mm² 6 mm²
3 000 W à 6 000 W (Maison type) 4 mm² 6 mm² 6 mm² 10 mm²
≥ 6 000 W (Grande toiture) 6 mm² 10 mm² 10 mm² 16 mm²

💡 Comment lire ce tableau comme un pro ?

  1. La distance est l'aller-simple : bien que le courant fasse un aller-retour, les calculateurs et ce tableau prennent en compte la distance physique entre vos panneaux et votre onduleur.
  2. En cas de doute, visez au-dessus : si vous hésitez entre 4 mm² et 6 mm² parce que vous êtes à la limite des 10 mètres, par exemple,  choisissez le 6 mm². Le surcoût à l'achat est minime par rapport aux gains de production sur 25 ans.
  3. Le cas particulier du 10 mm² : Si le tableau vous conseille du 10 mm² ou du 16 mm², vérifiez la compatibilité de vos connecteurs MC4. La plupart des connecteurs standards sont limités à des câbles de 6 mm². Pour des sections plus grosses, il faut des connecteurs spécifiques ou passer par un boîtier de jonction.

Attention, si votre installation utilise des batteries basse tension (12V ou 24V), les sections doivent être beaucoup plus grosses. Dans ce cas, nous vous conseillons de demander l’avis d’un expert !

Cas pratiques : trois scénarios pour 3 sections différentes 

Voici trois situations réelles pour comprendre comment appliquer les données du tableau à votre propre installation.

Cas n°1 : Le kit solaire “Plug & Play” au fond du jardin (800W)

Le scénario :

“J'installe deux panneaux de type Plug & Play au bout de mon terrain pour éviter l'ombre des arbres. La distance entre les panneaux et ma prise est de 15 mètres.”

Le choix de l'expert : si l'on regarde la ligne ≤ 1 500 W et la colonne 15 mètres, le tableau indique 4 mm². C'est le standard pour les petites puissances, car l'intensité reste faible.

L'aspect financier : rester sur du 4 mm² est le choix le plus économique ici. Le coût est d'environ 1,50 € le mètre. À 15 mètres, votre budget câblage reste dérisoire (environ 45 € pour la paire de câbles) tout en garantissant que vous ne perdez pas vos précieux watts.

Cas n°2 : L'installation résidentielle standard (3 000W)

Le scénario : 

“Je pose 8 panneaux sur mon toit. L'onduleur est dans mon garage, situé à 20 mètres des panneaux.”

Le choix de l'expert : en consultant la ligne 1 500 W à 3 000 W pour une distance de 20 mètres, le verdict tombe : il vous faut du 6 mm². À cette distance et pour cette puissance, le 4 mm² commencerait à trop chauffer et à faire baisser votre rendement.

L'aspect financier : passer du 4 mm² au 6 mm² représente un surcoût total d'environ 20 € pour votre installation. Un investissement minuscule qui sera rentabilisé en seulement deux étés grâce à l'énergie supplémentaire que vous n'aurez pas perdue en chaleur.

Cas n°3 : La grande toiture en autoconsommation (6 000W)

Le scénario : 

“J'installe 14 panneaux sur ma maison. L'onduleur est au sous-sol, à seulement 10 mètres des panneaux sur le toit.”

Le choix de l'expert : pour une puissance de 6 000 W à une distance de 10 mètres, le tableau recommande du 10 mm² (ou du 6 mm² si votre tension de circuit est très élevée, mais le 10 mm² assure une sécurité totale).

L'aspect financier : le 10 mm² est plus cher et plus rigide, mais il est indispensable pour une telle puissance. Utiliser une section trop faible ici pourrait vous coûter plus de 50 € par an en pertes d'énergie. En 25 ans, le “bon” câble vous fait donc économiser plus de 1 200 €.

💡 Bon à savoir

Pensez à stocker votre production solaire si vous avez une grande installation de plus de 6000W et que la production dépasse la consommation en journée. Les systèmes de stockage solaire comme le Zendure SolarFlow 2400 AC sont conçus pour récupérer le surplus d'énergie en journée et l'utiliser le soir, afin d'éviter toute injection gratuite au réseau et d'augmenter le taux d'aotoconsommation.

Zendure SolarFlow 2400 AC connecté avec la maison

Les critères qui différencient les bons des mauvais câbles

Cuivre étamé, isolation, gaine : les vrais éléments essentiels d’un bon câble

Les trois éléments qui suivent représentent les trois couches que l’on retrouvent à l’intérieur d’un câble photovoltaïque.

🛡️ Couche 1 : Le cuivre étamé… n’achetez rien d’autre !

Si vous dénudez un câble de qualité, les brins doivent être argentés. Comme l'image ci-dessous :

exemple de câble solaire avec du cuivre étamé

Pourquoi c’est crucial : le cuivre brut déteste l'humidité ; il s'oxyde et crée une couche verte (le vert-de-gris) qui bloque le passage de l'électricité.

Le secret technique : en recouvrant chaque brin de cuivre d'une fine couche d'étain, on le protège contre la corrosion.

Le test de l'acheteur : Si les brins sont couleur “cuivre orange”, vous achetez un câble qui perdra 20% de son rendement d'ici 5 ans. Exigez du cuivre étamé.

🛡️ Couche 2 : l'isolation épaisse (le bouclier thermique du câble)

C'est la première couche de polymère qui entoure directement le cuivre.

Sa mission : empêcher le courant de s'échapper, même quand le câble atteint les 120°C en plein mois d'août.

La différence : sur un câble bas de gamme, cette couche est fine et durcit avec le temps. Sur un câble premium, elle reste souple (élastomère réticulé), ce qui permet de manipuler les câbles sans risque de fissure, même après 10 hivers rigoureux.

Comment choisir : vérifiez l'épaisseur totale du câble. À section de cuivre égale (exemple : 6 mm²), un câble de qualité sera toujours plus épais et plus dense au toucher. Si l'isolant vous semble aussi fin que celui d'un fil de lampe de chevet, passez votre chemin : il ne supportera pas les tensions de 600V ou 1000V de votre installation.

Regardez comme l’isolation est épaisse sur ce câble : 

Exemple de câble DC avec une isolation parfaite

🛡️ Couche 3 : la gaine extérieure “Anti-UV” qui protège tout

C'est la couche visible (généralement rouge ou noire). Elle ne sert pas qu'à la couleur.

Sa mission : faire barrière contre les rayons UV et les agressions de la météo.

Le détail qui change tout : un bon câble possède une gaine “LSZH” (Low Smoke Zero Halogen). En cas de surchauffe, il ne dégage pas de fumées toxiques ou corrosives qui pourraient détruire votre onduleur ou vos rails de fixation.

Comment choisir : cherchez le marquage “Double Insulation” (isolation double) ou l'icône de deux carrés l'un dans l'autre sur la gaine. C'est le signe de la double protection.

Recherchez ce type de câble :

exemple de câble avec marquage isolation double

Pourquoi un câble “classique” est interdit en solaire

❌ Ce qu’il ne faut JAMAIS faire concernant les câbles

Utiliser du câble de maison (type H07V-U) : 

Ce fil rigide déteste les vibrations. Avec le vent qui s'engouffre sous les panneaux, le cuivre finit par se micro-fissurer et casser. Le câble solaire, lui, est obligatoirement multibrins souple pour absorber ces mouvements.

Utiliser des câbles non traités UV :

Un câble classique est conçu pour vivre dans vos murs. Exposé sur un toit, sa gaine va “cuire” sous le soleil, se craqueler, et finir par tomber en miettes, laissant le cuivre à nu… Aië !

⚠️ Les risques sont réels pour votre foyer

Le risque d’électrocution : le courant continu des panneaux est redoutable. Si une gaine craque à cause du soleil et que le fil touche le rail métallique, un arc électrique constant se crée. Contrairement au courant de vos prises, il ne s'arrête pas tout seul et peut faire fondre le métal en quelques secondes… ou pire : vous risquez l’électrocution !

Le refus d'indemnisation : en cas d'incendie, si l'expert constate que vous n'avez pas utilisé de câble certifié H1Z2Z2-K, votre assurance pourra refuser de couvrir les dégâts.

L'oxydation “verte” : un câble classique s'oxyde à l'humidité (il devient vert). Cette oxydation augmente la résistance, fait chauffer le câble et bride votre production.

💡 L’avis de nos experts :

Un câble solaire n'est pas “juste un fil”. C'est un composant technologique capable de supporter des pics à 120°C et de durer 25 ans sous la pluie et le soleil. C'est le seul garant que votre investissement ne partira pas en fumée.

Attention aux câbles inadaptés aux installations françaises

Sur internet, vous pouvez acheter tous les types de câbles possibles. Mais certains d’entre eux ne sont pas du tout compatibles avec nos installations solaires.

Type de câble Usage prévu Verdict Solaire
H1Z2Z2-K (EN 50618) Standard Européen Solaire (1500V DC) INDISPENSABLE. Le seul aux normes pour une installation durable et sécurisée
H07RN-F (Caoutchouc) Rallonges de chantier temporaires DÉCONSEILLÉ. La gaine craquèle après 3 ans d'exposition aux UV
USE-2 / THHN Normes américaines (Bâtiment US) À ÉVITER. Souvent limité à 600V et non reconnu en France
H07V-U (Fil rigide classique) Câblage intérieur de maison 🚫 INTERDIT. Danger d'arc électrique et risque d'incendie sur un toit

Les normes à connaître absolument : pour éviter les mauvaises surprises

Sur internet, on trouve de tout, souvent à des prix défiant toute concurrence. Mais en solaire, il existe des normes que vos câbles doivent absolument respecter… si ce n’est pas le cas, ne les achetez pas !

H1Z2Z2-K (La norme EN 50618) : le passeport obligatoire

Un exemple de cable solaire avec la mention H1Z2Z2-K (EN 50618)

C’est la norme européenne de référence depuis 2016.

À quoi ça sert ?

Elle garantit que le câble est à la fois souple (classe 5), étamé (anti-corrosion) et surtout doublement isolé.

Est-ce important ?

C'est le minimum légal. Sans ce marquage sur la gaine, votre installation n'est pas aux normes françaises.

Le piège :

On trouve encore l'ancienne norme PV1-F. Elle est tolérée, mais moins résistante à l'eau sur le long terme que la H1Z2Z2-K.

IEC 62930 : le standard international

Le logo de la norme IEC

C'est le grand frère mondial de la norme européenne.

À quoi ça sert ? 

Elle valide que le câble a subi des tests de vieillissement accéléré (chaleur extrême, humidité constante).

Est-ce important ?

C'est un gage de qualité supplémentaire. Un câble qui affiche à la fois EN 50618 et IEC 62930 est un câble “tout terrain” prêt pour les climats difficiles.

Le certificat CPR (Eca, Dca, Cca...) : la sécurité incendie

Le logo du certificat CPR

Le CPR (Construction Products Regulation) classe la réaction du câble au feu.

À quoi ça sert ?

En cas d'incendie, cette norme garantit que le câble ne va pas propager les flammes à toute la toiture et qu'il ne dégage pas de fumées noires toxiques.

Est-ce important ?

Crucial pour votre assurance, c'est ce point précis que les experts vérifient après un sinistre.

Ce qu'il faut chercher :

Pour une maison individuelle, un classement Eca est le standard, mais un classement Dca est encore plus sécurisant.

TÜV : le label de confiance ultime

exemple de Logos du label TÜV

Contrairement aux autres, ce n'est pas une loi mais une certification par un laboratoire indépendant allemand (le top du top).

À quoi ça sert ?

C’est comme le “Label Rouge” pour le poulet… c’est un gage de qualité.

Ici, c’est le fabricant qui paie pour que ses câbles soient testés et torturés par des experts allemands.

Est-ce important ? 

C’est un élément qui rassure. Si vous voyez le logo Tüv, vous pouvez acheter les yeux fermés : la qualité sera au rendez-vous !

Les connecteurs MC4 : le dernier élément important de votre câblage solaire

Le connecteur, c’est la dernière pièce du puzzle et elle n’est pas sans importance !

Dans les lignes qui suivent, je vous explique pourquoi vous ne devez pas choisir autre chose que des connecteurs de type MC4.

Pourquoi MC4 est le standard de l’industrie

Ce n’est pas dur à imaginer, vous allez laisser une prise électrique branchée sur votre toit, sous la pluie, la neige et par 40°C, pendant 25 ans sans jamais y toucher. 

Une prise classique brûlerait en une semaine.

C'est là qu'intervient le MC4 (pour Multi-Contact 4mm).

Voici pourquoi il a mis tout le monde d'accord :

1. Il est littéralement “étanche à l'immersion”

Le MC4 possède un indice de protection IP68.

Cela signifie qu'il est totalement hermétique à la poussière et peut même supporter d'être plongé sous l'eau.

C'est la garantie que l'humidité ne s'infiltrera jamais dans vos câbles, même pendant les pires tempêtes.

2. Le verrouillage “anti-accident”

Contrairement à vos prises de maison, on ne débranche pas un MC4 en tirant simplement dessus.

Il possède un système de clipsage de sécurité. Une fois “cliqué”, il est verrouillé.

Pourquoi c’est génial ?

Cela évite qu'un câble ne se détache avec le vent ou le poids de la neige, ce qui créerait un arc électrique (un mini éclair) capable de mettre le feu à votre toiture.

3. Une résistance électrique quasi nulle 

Le secret du MC4 réside dans ses contacts internes. Ils sont conçus pour offrir une surface de contact maximale.

Moins il y a de résistance, plus vos watts circulent librement jusqu'à votre onduleur.

4. Il survit aux UV (là où les autres câbles finissent en miettes)

Le plastique utilisé pour les connecteurs MC4 est un polymère de haute technicité. Là où un plastique standard devient blanc et cassant à cause du soleil, le MC4 reste souple et solide.

Il est conçu pour durer aussi longtemps que vos panneaux : un quart de siècle.

💡 Le saviez-vous ?

“MC4” n'est pas un nom commun, c'est un modèle de connecteur créé par l'entreprise suisse Stäubli. C'est devenu un standard tellement puissant que tout le monde utilise ce nom aujourd'hui, un peu comme on dit “Frigidaire” pour un frigo ou “Sopalin” pour de l'essuie-tout.

🚫 Les erreurs à éviter absolument avec les connecteurs MC4

Mélanger les marques (le “Mismating”) : c'est l'erreur n°1. Ne branchez jamais un connecteur de marque X dans une marque Y, même s'ils se clipsent. Les tolérances millimétriques sont différentes, elles créent du jeu, de la chaleur et... un incendie !!!

Sertir avec une pince classique : n'utilisez jamais une pince plate ou une multiprise. Utilisez uniquement une pince à sertir spéciale MC4.

Débrancher “en charge” : ne déconnectez jamais vos panneaux quand le soleil brille et que l'onduleur fonctionne. Un arc électrique surpuissant va se former et détruire le connecteur (et vos doigts).

Oublier de “Cliquer” : si vous n'entendez pas un clic net lors du branchement, le connecteur n'est pas verrouillé, l'étanchéité n'est pas assurée et l'eau finira par entrer.

Laisser traîner les connecteurs au sol : même étanches, les connecteurs ne doivent pas baigner dans une flaque d'eau. Attachez-les toujours aux rails de montage.

❌ Réutiliser un connecteur déjà serti : un connecteur MC4 est à usage unique. Si vous vous êtes trompé, coupez le câble et recommencez avec un connecteur neuf.

Comment choisir le bon connecteur MC4 (sans se tromper)

✅ Choisissez toujours des MC4 de la même marque

C’est la règle numéro un. Même s’ils “semblent” compatibles, mélanger les marques augmente le risque de mauvais contact et d’échauffement.

👉 Astuce pratique :

Si vos panneaux ont déjà des MC4, reprenez la même marque pour vos rallonges.

✅ Vérifiez la compatibilité avec la section du câble

Chaque MC4 est conçu pour une section de câble précise :

  • 4 mm²
  • 6 mm²
  • 10 mm²

👉 Règle simple à suivre :

Le connecteur s’adapte au câble, jamais l’inverse.

✅ Faites attention au diamètre extérieur du câble

Deux câbles de même section peuvent avoir un diamètre total différent selon l’isolation.

Un mauvais diamètre = étanchéité imparfaite.

👉 Astuce des experts :

Le diamètre compatible est souvent indiqué dans la fiche produit du MC4.

✅ Privilégiez les connecteurs certifiés (TÜV ou fabricant reconnu)

Un MC4 certifié a été testé :

  • mécaniquement
  • électriquement
  • sur la durée

Ce n’est pas un argument marketing, c’est un gage de fiabilité.

👉 Comment choisir :

À prix équivalent, choisissez toujours le modèle certifié.

✅ Achetez les connecteurs par paire (mâle + femelle)

Ça paraît évident, mais c’est une erreur fréquente. Un système solaire fonctionne toujours avec :

  • un MC4 mâle,
  • un MC4 femelle.

👉 Vérifiez que le lot contient les deux, et les joints d’étanchéité.

✅ Utilisez une vraie pince à sertir MC4

Un bon connecteur mal serti devient un mauvais connecteur qui peut causer beaucoup de problèmes.

👉 Astuce d’expert :

Si vous ne voulez pas investir, louez ou empruntez une pince MC4. C’est toujours moins cher qu’un problème de connexion.

Conclusion : choisir le bon câble aura un gros impact sur votre installation

Choisir le bon câble pour votre installation solaire n’est pas si difficile, mais demande du bon sens.

Comme vous l’avez vu tout au long de ce guide, un câble mal choisi peut vous faire perdre de l’énergie chaque jour, accélérer le vieillissement de votre installation, et dans les pires cas, poser de vrais risques de sécurité.

À l’inverse, un câblage bien dimensionné repose sur quelques principes simples à retenir :

  • une section adaptée à la puissance et à la distance
  • un câble DC certifié solaire (H1Z2Z2-K, cuivre étamé, double isolation)
  • des connecteurs MC4 de qualité, bien sertis et compatibles
  • et une mise à la terre conforme, indispensable pour protéger votre famille et votre matériel

Les câbles sont souvent des éléments dont on s’intéresse peu, mais ce sont eux qui garantissent que votre installation produira l’électricité en toute sécurité, pendant 20 à 25 ans, sans mauvaise surprise.

👉 Retenez une chose : en solaire, le câble n’est jamais un poste où il faut chercher à économiser quelques euros.

FAQ

Cable souple ou rigide, y a t’il une différence ?

Oui, et elle est très importante en solaire. Un câble souple (multibrins) est conçu pour absorber :

  • les vibrations dues au vent,
  • les dilatations liées aux variations de température,
  • les contraintes mécaniques sous les panneaux

À l’inverse, un câble rigide (monobrin) supporte mal ces mouvements.

Avec le temps, il peut se micro-fissurer et devenir dangereux pour vous et votre installation.

Peut-on rallonger un câble solaire ?

Oui, mais pas n'importe comment. Vous avez deux solutions :

  • La solution propre : créer une rallonge avec deux connecteurs MC4 (un mâle, un femelle) aux extrémités. C’est la méthode la plus sûre et la plus étanche
  • L'erreur à éviter : utiliser des dominos ou des boîtes de dérivation classiques. En courant continu (DC), les connexions “bricolées” chauffent énormément et finissent par fondre

Attention : si vous rallongez de plus de 10 mètres, vérifiez si vous devez passer à la section supérieure (exemple : passer de 4 mm² à 6 mm²) pour éviter la chute de tension.

Peut-on enterrer un câble solaire ?

Oui, mais jamais directement en terre.

Un câble solaire standard (H1Z2Z2-K) est résistant aux UV et à l’humidité, mais il n’est pas conçu pour être en contact direct avec le sol.

👉 La bonne méthode

  • passer le câble dans une gaine de protection adaptée
  • l’enterrer à une profondeur suffisante
  • éviter les zones de passage, particulièrement de voiture

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